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Lozère Tourisme

LES FOIRES, SAVEURS & SAVOIR-FAIRE

le marché de Mende en Lozère Si les grandes foires de champagne sont les plus connues dans l'histoire de France,
partout les foires rythmaient l'activité économique locale et bien souvent dans un rayon beaucoup plus large, selon sa notoriété.

Consultez les foires et marchés de Lozère
le marché de Mende en Lozère Dans la Haute Vallée du Lot, Mende mais aussi Chanac et le Bleymard sont connus pour leurs foires depuis plusieurs siècles.
La foire de Toussaint, à Mende est déjà mentionnée en 1240, sa renommée est toujours grande au XVIe siècle. Celle du 7 janvier pour l'épiphanie, date probablement de l'époque gabale.
Avant la fête chrétienne, à cette même date les druides gaulois célébraient le gui du chêne : "Au gui l'an neuf". En 1639, Mende compte trois grande foires qui durent deux ou trois jours (Epiphanie, Quasimodo, Toussaint); la foire de la Toussaint s'étalant même sur quatre jours.

En Gévaudan, l'activité économique artisanale repose d'abord sur le travail de la laine. Le Mont Lozère et d'autres lieux d'estive renforcent ce marché régional grâce à la transhumance venue principalement du languedoc par les drailles (plus de 100 000 moutons chaque saison). Les ovins se déplacent eux-mêmes, parfois sur de grandes distances. Les foires sont ici de grands marchés de moutons, de balles de laine (tontes de printemps, foires de mai-juin) où se rencontrent éleveurs et marchands. Ville de tisserand on négocie également à Mende les draps (serges, cadis, escots) qui s'exportent. Les foires sont d'autant plus importantes que leur renommée est grande. Elles sont l'image de marque de leur cité. Ces rassemblements se font à l'extérieur pour le bétail où des foirails temporaires s'improvisent dans des champs privés, tandis que les ventes au déballage se font sur les places intra-muros. Tout se charrie à dos de bêtes de somme, ce qui limite les quantités de marchandises sur chaque étal.
Outre les foires de Mende, la foire de Chanac, le 25 avril, est l'un des grands rendez-vous moutonniers de l'Occitanie ; de même la foire de saint-Luc, le 18 octobre au Bleymard, liée à la transhumance, où tous les troupeaux se retrouvent à l'extérieur du bourg qui dispose d'un couderc servant de champ de foire en 1687...

Au XIXème siècle, si l'importance des foires baisse peu à peu, leur nombre en revanche se multiplie ; c'est depuis cette période que Mende compte six foires par an. la production de bovins, pour la viande, trouve là le début de son développement avec l'arrivée du chemin de fer. Il permet le transport sur l'exterieur mais nécessite des marchés aux bestiaux plus fréquents.
Avec la concurrence internationale, du marché de la laine, on voit alors le troupeau ovin, historiquement très important en Gévaudan, baisser au profit du troupeau bovin.
 Muletiers,
 passeurs de montagne
Si les foires étaient les grands rendez-vous annuels, les muletiers assuraient, comme dans d'autres zones de montagne en France, le transport des marchandises.
Croisement de la jument et de l'âne, le grand mulet est plus résistant que le cheval. Il a également par sa morphologie, le pied plus sûr. Le petit mulet ou bardot, croisement de l'ânesse et du cheval supporte des charges moins lourdes, près de 100kgs pour un âne, le double pour un grand mulet. Le Gévaudan était producteur réputé de mulets. Au pied du Mont Lozère, il y avait une tradition d'activité muletière, souvent exercée par de véritable montagnards.
le vin arrivait à dos d'ânes dans des outres en peau de boeuf. Les tissages, céréales, lentilles, pois, pommes de terre, châtaignes, fromages et autres denrées produites ici quittaient le pays de la même façon.
Le chemin des mulets qui grimpe à flan de colline au nord de Mende, passant devant l'octroi du causse d'Auge en direction de l'Auvergne, intra-muros la rue des trois mulets, perpendiculaire à la rue Basse, portant le même nom qu'un hôtel fréquenté par les muletiers déjà en 1631, témoignent encore aujourd'hui de cette activité jadis permanente. Au sud de Mende, c'est par la côte de Tire-cul puis l'ancienne voie romaine du causse via le col du Masseguin, le Mas d'Orcières, le Bleymard, Villefort, que circulaient les coubles, cordées d'ânes et de mulets bâtés. La route suivant la vallée du Lot desservant Badaroux, Sainte-Hélène, Chadenet, Bagnols-les-Bains, le Bleymard n'a été crée qu'au XIXème siècle.

Le muletier était un personnage respecté et haut en couleurs, tant par sa corpulence et sa livrée vestimentaire que par son rôle social et économique. Véritable agent de liaison entre les territoires, il était propriétaire de 6 à 25 bêtes entretenues et harnachées. Une grande couble pouvait transporter plus de 4 tonnes ou 40 hectolitres de vin, des Vans (Ardèche) à Murat (Cantal) en passant par Mende.
Les animaux étaient décorés de plaques muletières en laiton, véritables oeuvres d'art populaire dont les musées de Montpellier, de Mende, du Puy, d'Annonay conservent d'interessantes collections, certaines pièces datant du XVème siècle. Le soleil des armoiries de Mende y figure quelquefois. Les plaques muletières servaient autant d'oeillères que de plaques d'identification. Ces véritables caravanes animalières étaient repérables de loin tant grâce aux reflets du soleil sur les plaques qu'au son des nombreux grelots et clochettes accrochés aux colliers, rênes et autres courroies.
L'effectif du cheptel des mulets baisse à la fin du XIXème siècle et avec lui l'activité muletière, supplanté par l'arrivée du chemin de fer.
 
 Les 6 foires de Mende - Le lendemain de l'Epiphanie, le 7 janvier se tenait la foire du gras où l'on achetait les cochons gras pour fabriquer durant l'hiver charcuterie et salaisons.
- A la foire de Pâques, le lundi de Quasimodo, lundi suivant le lundi de pâques, au sortir de l'hiver, se négociaient les boeufs gras.
- La foire du 20 mai, créée en 1846 était celle des plants de choux, raves, poireaux, salades, nés dans la vallée, repiqués plus en altitude après les saints de glace ; c'était aussi la foire du bétail maigre à engraisser, vaches, boeufs, porcs, moutons et jeunes volailles.
- La foire du 15 juin, quelques jours avant le solstice d'été, faisait la part belle aux marché aux cerises.
L'été, chacun avait d'autres occupations, fenaisons, moissons, battage, récoltes, tandis qu'au 20 septembre, à la veille de l'automne, se vendaient oignons, fruits, pommes de terre.
- La foire de la Toussaint était la dernière de l'année avant l'hiver et les risques de neige. C'était d'abord la foire aux chevaux. On payait les fermages à la Saint Michel et on vendait poulains et mulets le 2 novembre, date à laquelle traditionnellement on sèvre le poulain de la jument. Cette foire était connue dans tous le midi d'où montaient les vignerons à la recherche des mulets lozèriens très réputés pour le travail dans les vignes. Chacun de ces rendez-vous attirait des marchands ambulants de toutes sortes, l'argent changeant de mains à ces occasions.

Le marché aux moutons se tenait porte d'Aigues-Passes et porte du Chastel, la fontaine des trois Moutons, rue du Collège en conserve l'appelation, tandis que le marché au bois était situé place Urbain V. Intra-muros les places portent encore quelquefois le nom du marché qu'elles accueillaient jadis régulièrement. La place au Beurre accueillait chaque samedi fromages fermiers, beurre, oeufs, volailles, tandis que la halle de la place au blé était équipée de mesures du pays pour le négoce des céréales.
La place des Jardinières, précédemment places aux Oules (poteries), aujourd'hui place H. Bourrillon, proposait légumes et fruits des jardins et vergers de Mende. La place de la laine occupait l'espace à l'Ouest de la place des Jardinières, vers la rue d'Aigues-Passes.
L'oeuvre romanesque de Marie de Palet, écrivain résidant dans le Valdonnez restitue remarquablement cette ambiance fieristique du XIXème siècle autour de Mende (les terres bleues Ed° De Borée).
 
Paysde fromages L'élevage ovin, a connu son expansion pour la laine et les très nombreux tisserands mais les savoir-faire charcutiers, les salaisons et plus encore les fromages ont réputés depuis l'Antiquité. Nous savons grâce au naturaliste Pline l'Ancien qu'ils étaient les plus prisés des habitants de Rome il y a 2000 ans.

Aujourd'hui une part importante de la production de lait de brebis du pays est destinée à la fabrication du roquefort qui exige un lait de grande qualité. Mais un nombre grandissant de producteurs transforment eux-même leur lait en fromages fermiers exceptionnels.
 
 Pays d'élevage La haute vallée du Lot entretien aujourd'hui une forte tradition d'élevage pour le lait et la viande. L'activité artisanale de boucherie-charcuterie est ici traditionnelle. L'artisan connaît toujours personnellement les éleveurs et achète le bétail vivant à la ferme ou la patche est toujours de mise et vaut tout contrat écrit. La plupart des professionnels d'aujourd'hui sont les petits-fils des bouchers-charcutiers d'hier. Jeunes bovins de races rustiques type aubrac charolais, agneaux élevés sous la mère, le plus souvent de la race Blanc du massif Central dont l'orgine est à Serverette, à 20 km au nord de Mende, sont les fleurons de cette production repérable aujourd'hui sous la marque "De Lozère".